Les personnes handicapées, actrices de paix : un plaidoyer pour l'inclusion dans le dialogue congolais

La Fondation de l’ancien président sud-africain s’apprête à accueillir une conférence sur la paix et la sécurité du 3 au 6 septembre 2025, un appel poignant s’élève pour l’inclusion des personnes handicapées dans ce dialogue crucial.
Les organisations représentant les personnes handicapées, à l’image de la TMFoundation, soulignent avec force leur rôle essentiel dans la consolidation de la paix. Loin d’être de simples « objets » de protection, comme elles l’ont été pendant des siècles, elles sont des acteurs clés dans la prévention des conflits et l’établissement d’une paix durable. C’est un principe reconnu par la Résolution 2475 du Conseil de sécurité des Nations unies, qui appelle à la protection des personnes handicapées en temps de conflit et à leur participation aux efforts de paix.
Un vide politique à combler
La République Démocratique du Congo et le Rwanda, acteurs centraux de la crise, ne disposent pas, à ce jour, de politiques de protection des personnes handicapées en période de conflit. Pourtant, soutenir le programme de l’ONU pour le handicap, la paix et la sécurité serait un pas majeur vers le renforcement de leur approche de la sécurité humaine.
Luc Lusumba, ambassadeur pour l’inclusion, insiste sur l’importance de cette participation. Il est impératif que les accords de paix ne laissent personne de côté, qu’ils soient véritablement inclusifs et qu’ils répondent notamment aux besoins spécifiques des femmes et des filles handicapées, souvent les plus vulnérables en situation de conflit.
Des mesures concrètes pour une paix durable
Pour combler ce vide, des mesures concrètes s’imposent pour la RDC et le Rwanda :
- Reconnaître expressément que les personnes handicapées sont touchées de manière disproportionnée par les conflits et qu’elles sont des acteurs de paix.
- S’engager à intégrer les dispositions de la Résolution 2475 dans leurs politiques nationales.
- Élaborer une politique spécifique sur le handicap, la paix et la sécurité qui servira de guide pour l’action gouvernementale.
- Interagir avec les organisations de personnes handicapées pour garantir leur participation active et éclairée.
La présence des personnes handicapées à la conférence en Afrique du Sud n’est pas une simple demande, c’est une nécessité. Leur participation est essentielle pour garantir que la paix qui sera construite sera solide, juste et durable, en supprimant les obstacles à l’inclusion et en respectant les droits de chacun. C’est en reconnaissant l’agentivité et l’autonomie de tous, y compris des plus marginalisés, que l’on pourra espérer construire une paix véritable et pérenne.