RDC : Réplique cinglante aux déclarations de Joseph Kabila face à la crise nationale

Dans une mise au point incisive publiée depuis Washington le 10 octobre 2026, le professeur Ikanga Ngozi za Kyongo, président du mouvement citoyen Nouveau Leadership pour la Démocratie au Congo (NLDC), démonte point par point le récent message à la nation de l’ancien président Joseph Kabila.
Alors que Joseph Kabila affirmait le 9 octobre que le pays est en péril, le politologue et militant des droits humains rétorque que la RDC n’est pas en péril mais qu’elle se bat et résiste fermement à l’agression extérieure. À travers une analyse structurée en douze remarques, l’auteur dresse un réquisitoire contre le bilan de l’ancien chef d’État et dénonce ses prises de position actuelles.
Un héritage sécuritaire et économique vivement contestéRevenant sur les dix-huit années de présidence de Joseph Kabila, le professeur Ikanga rejette l’affirmation selon laquelle l’ancien président aurait légué un pays pacifié et réunifié.
Il rappelle une série de drames sécuritaires et de massacres survenus sous son règne :
- La guerre du Kivu (2012-2013) marquée par la chute de Goma en novembre 2012, les viols de masse et les déplacés civils.
- Les massacres de Beni (plus de 1 000 civils tués dès octobre 2014), de Bundu dia Kongo (2007-2008), de Yumbi en 2018 (au moins 890 morts selon l’ONU), de Kamwina Nsapu au Kasaï (plus de 3 000 morts), ainsi que les tragédies de Kasika et Makobola.
- La répression sanglante des manifestations contre le troisième mandat entre 2015 et 2018, incluant le recrutement clandestin d’anciens combattants du M23 pour réprimer la population en décembre 2016.
- L’absence d’état civil moderne, illustrée par le fait qu’aucun recensement de la population n’a été réalisé en 18 ans.
Sur le plan économique et financier, l’analyse souligne l’ironie des dénonciations de Joseph Kabila concernant les contrats léonins et la corruption. Le document rappelle que c’est sous son administration que le contrat Sicomines a été conclu avec la Chine, que des concessions minières et des ports ont été cédés, et que des entités proches du pouvoir ont été citées dans les Panama Papers et les révélations Congo Hold-up (notamment autour de l’île de Mateba).
Justice, gouvernance et sécurité nationaleL’article aborde également la situation juridique de l’ancien président :
- Condamnation judiciaire : Condamné à mort par la Haute Cour militaire de Kinshasa, Joseph Kabila manque de légitimité morale pour donner des leçons de gouvernance ou dénoncer une « dérive autoritaire » qu’il a lui-même pratiquée.
- Appel au soulèvement en temps de guerre : En lançant un appel au peuple à « se prendre en charge », Joseph Kabila est accusé de diviser la nation et de « poignarder le pays dans le dos » alors que l’armée nationale fait face à l’agression rwandaise.
- Présence de troupes étrangères : Concernant le retrait des troupes étrangères exigé par l’ancien président, le texte précise que ce recours sécuritaire est la conséquence directe de l’agression menée via l’AFC et le M23. Le problème de l’agression doit être neutralisé avant toute réorganisation du dispositif sécuritaire.
Le professeur Ikanga Ngozi za Kyongo estime que le véritable péril serait de confier à nouveau le destin national àux responsables de son affaiblissement passé ou de céder à la division en temps de guerre. Il appelle les citoyens à demeurer unis et républicains derrière les institutions du pays, tout en insistant sur le principe que la justice doit prévaloir avant tout dialogue.
Rédaction Ruzizilaplume depuis USA



